La société de consommation fait de moi un homme complet. De complet, je vais jusqu'à me complaire, comme tout un chacun. Le monde dans lequel on vit est une belle cage dorée, mais, contrairement à ce que les gens pensent, la porte de la cage est ouverte. Osez, mes amis, osez. Osez donc vous liberer de vos chaînes, quittez votre boulot, jetez votre argent dans la rue, gardez juste ce qu'il faut pour partir en Somalie, profitez de la chaleur, la secheresse et la famine, allez vous bronzer à l'ombre des guerillas tel le bon globe trotteur que vous pouvez devenir. La société de consomation fait de moi un homme parfait et ça se voit à l'exterieur. Tel une arme à feu, elle est dangereuse, et blesse plus qu'elle ne sauve. Son traffic met plus d'une personne dans des conditions de vie desastreuses. Mais c'est beau de critiquer et de juger quand j'ai un bel ordinateur qui polluera l'Inde dans quelques années, avec lequel je vous ecris ces mots contestataires aussi vains que bêtement ironiques. Alors oui la perfection fait de nous des monstres, mais on s'y attendait. Et qui sera là pour me juger ? Des fois je me sens philosophiquement inferieur à certains clochards analphabètes qui gisent dans nos rues. La société de consommation fait de moi un homme complet, aussi complet que le riz complet peut l'être.
Un tour à la Fnac, et il n'y parraîtra plus. Piqûre de rappel dans un mois.
Un tour à la Fnac, et il n'y parraîtra plus. Piqûre de rappel dans un mois.


